3Même de retour à Paris, Daudet pansait encore au moulin. Ce qui l’a déterminé à entreprendre la rédaction des Lettres de mon moulin, c’était le désir de faire connaître le charme particulier du moulin à ses amis parisiens. Pendant ce laps de temps, il a pris en mariage une jeune femme de haute naissance, qui était une épouse attentive. Après le mariage, ses oeuvres se sont multipliées jusqu’à ce que sa maladie, incurable, s’aggrave progressivement. Il n’en a point du tout cessé sa carrière littéraire après la parution de son dernier roman, Soutien de la famille, au contraire, il a reçu dans sa maison un grand nombre d’écrivains contemporains, ce qui a exercé une influence considérable dans les milieux littéraires.

La dernière classe est un récit réputé de l’écrivain Alphonse Daudet. Je l’ai lu pour la première fois quand était écolier, en version chinoise, mais cela n’empêche pas que cette histoire pleine de passion patriotique m’a profondément touché. Aujourd’hui, j’ai lu ce conte à nouveau dans le texte original. Quel crève-cœur ça devrait être pour les enfants alsaciens de ne plus apprendre leur langue nationale et pour le pauvre professeur de quitter son pays natal pour toujours !

78017346450916102_fmAprès la guerre franco-prussienne, l’Alsace et la Lorraine ont eu appartenu à la Prusse. L’ordre est venu de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles des deux régions, ce qui a suscité un vif bouleversement parmi les habitants locaux. Le héros du conte, Franz, écolier espiègle qui faisait souvent l’école buissonnière, est allé en retard à l’école comme d’habitude. Mais ce jour-là, il a découvert quelque chose d’étrange : la classe était tranquille comme un matin de dimanche; des gens du village étaient assis au fond de la classe, silencieux et paraissant triste; le professeur était vêtu de ses beaux habits de dimanche.

Quand il a été averti que c’était la dernière leçon de français, Franz s’en voulait profondément du temps perdu et des classes manquées. Il n’a compris qu’à ce moment-là l’importance de bien maîtriser sa langue maternelle. Chacun écoutait le professeur avec application, dans le désir de le remercier et de rendre leurs devoirs à la patrie. Il a constaté avec étonnement que la grammaire qu’il trouvait auparavant ennuyeux lui semblait facile. Quand l’horloge de l’église a sonné midi, le professeur a écrit sur le tableau aussi gros qu’il pouvait : « VIVE LA FRANCE! »

Ainsi a fini la dernière classe dont notre petit Franz se souviendrait pour toujours. Moi aussi. Je me rappelle toujours les paroles du professeur: quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de la prison.